Pour beaucoup de personnes, travailler en freelance peut sembler être un rêve devenu une réalité : choisir ses horaires, bosser sur quelque chose de nouveau chaque semaine, sans quitter sa maison… quel job pourrait être mieux ? Oui, mais…
Le freelancing peut effectivement être une aventure excitante, gratifiante et d’une flexibilité unique, mais, comme tout statut, il a aussi ses codes. Comprendre comment ça marche – avant de renoncer à ton emploi pour te lancer à plein temps – est essentiel. C’est ce que nous allons voir dans cet article.
Sommaire
Qu’est-ce qu’un freelance ? Définition et fonctionnement
Un freelance est un travailleur indépendant engagé par des clients pour fournir des services spécifiques, généralement sur une base de contrat à court terme.
En tant que freelance, c’est toi qui décides des projets que tu acceptes, de l’endroit où tu bosses et de tes horaires. C’est une option de carrière accessible à toute personne souhaitant devenir freelance en ligne disposant d’un ordinateur, d’une connexion Internet et d’un espace bureau. Si tu es autonome et que tu aimes avoir le contrôle sur ton quotidien, alors le freelancing est peut-être fait pour toi.
Freelance ou salarié : quelles différences ?
En tant qu’employé, tu as un supérieur hiérarchique et tu travailles selon des délais et des objectifs qu’on t’impose. Tu exécutes tes tâches, qui peuvent être répétitives, et sur lesquelles, bien souvent, tu n’as pas ton mot à dire. Tes emplois du temps sont fixes et tes dates de congés doivent être approuvées.
Ce rapport change complètement en freelance. Même si ton client te paie, ce n’est pas ton patron. Il ne saura probablement pas combien d’heures il te faut pour faire le travail demandé ; c’est à toi de définir des délais réalistes. (Sauf si tu factures à l’heure, ce que l’on déconseille toujours dans nos accompagnements.)
Tu détermines tes horaires et ta durée de repos/vacances. Si tu as besoin de plus de revenus, accepter des contrats supplémentaires ou augmenter ta tarification n’appartiendra de personne d’autre que toi.
Attention : ici, je ne veux pas te « vendre le rêve du freelancing », il y a autant d’avantages que d’inconvénients à se lancer dans une activité indépendante.
Mais, comparé au salariat et à ses dérives de plus en plus fréquentes dans certains corps de métier (mal-être, harcèlement moral, burn-out, débordement dans sa vie perso, etc.), on peut tout à fait comprendre l’accroissement de création de microentreprises ces dernières années (source INSEE).
Quitter une carrière épuisante et dénuée de sens, s’éloigner des relations malsaines… Il est évident que ça influence considérablement l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle, un objectif cher à beaucoup de gens.
Les catégories freelance les plus demandées en 2025
Voici les domaines les plus populaires dans lesquels travailler en freelance.
La programmation
On trouve ici deux grandes catégories : le développement de logiciel et le développement web. Définir ta spécialité est un excellent moyen de constituer un portfolio solide. Si tu es particulièrement bon dans un langage informatique ou dans la création d’un type de produit, concentre-toi dessus. Tu pourras ainsi te positionner en expert au lieu d’être un généraliste parmi tant d’autres.
La rédaction
C’est un terme qui va englober plusieurs genres d’écriture digitale allant de la rédaction de contenu (ex. : guide, articles, newsletters) au copywriting (ex. : pages de vente, descriptifs de produits), en passant par de la rédaction technique (ex. : manuels utilisateurs, livres blancs, rapports) ou du storytelling, qui est de plus en plus utilisé afin de mettre en avant sa marque personnelle. Sans oublier la rédaction de posts pour les réseaux sociaux et professionnels.
Le design graphique
De nombreuses entreprises font appel à des freelances pour le marketing et la pub. La majorité des missions en graphisme concernent donc des pubs ou des sites web. Il est important d’apprendre à décoder les consignes de tes clients qui seront exprimées avec des mots. Si tu ne « captes » pas réellement le besoin de ton client, tu risques de perdre beaucoup de temps sur les premières versions qui pourraient être insatisfaisantes.
L’assistance digitale
Les assistants virtuels sont très sollicités, car de plus en plus d’entreprises classiques cherchent à se digitaliser. Il y a seulement quelques années, l’assistante virtuelle proposait principalement ses services aux entrepreneurs du Web. Depuis, la demande s’est étendue à divers types de clients, tels que les artisans, les prestataires de services, les artistes, les agences, les startups… L’intérêt de déléguer des tâches à une personne externe à la société coule de source. Beaucoup de prestations d’assistance peuvent être réalisées à distance (pas besoin d’avoir un espace de travail dédié à l’AV dans son entreprise) et vont concerner des missions très variées : gérer les réseaux sociaux ou un site web, créer des tunnels de vente, faire du montage vidéo, rédiger des présentations, planifier des événements physiques ou en ligne, etc.
Le montage vidéo
Avec l’explosion de YouTube et TikTok, la vidéo – qu’elle soit de format long ou court – est partout. Si tu veux devenir monteur vidéo freelance (lien), tu vas travailler davantage sur de petits projets que sur de grosses productions, mais ça t’ouvre une large gamme de clients potentiels ayant besoin de tes services. Bien que les logiciels de montage vidéo deviennent de plus en plus faciles à utiliser, de nombreuses entreprises, freelances et même particuliers ne ressentent pas l’envie ou ne possèdent pas les compétences nécessaires pour s’en charger eux-mêmes. Tu as ainsi un vaste champ des possibles qui s’ouvre devant toi.
Le marketing
C’est un domaine immense et en constante évolution. Les compagnies cherchent des freelances capables d’attirer, de convertir et de fidéliser leurs clients en ligne par le biais de différentes expertises.
Il peut s’agir de
- créer et de maximiser des tunnels de vente (funnels) ;
- mettre en place et de piloter des campagnes publicitaires (Facebook Ads, Google Ads, TikTok Ads…) ;
- prendre en charge le SEO (référencement naturel) dans le but d’améliorer la visibilité d’un site sur Google ;
- l’analyse de données et l’optimisation des performances (Google Analytics, A/B testing, KPIs), etc.
C’est un domaine où tu peux très vite te spécialiser sur un canal (email, Instagram, SEO, publicité…) ou sur un secteur spécifique (immobilier, coaching, e-commerce…), ce qui te permet de facturer plus cher et d’être perçu comme un expert dans ta thématique.
Comment se faire connaître en tant que freelance : les stratégies qui marchent
Certains freelances utilisent un blog, une newsletter, les réseaux sociaux afin de trouver des clients.
J’ai partagé 7 conseils pour vendre plus efficacement ses services dans un article que tu peux lire ici. Il s’adresse aux assistantes virtuelles, mais cela s’applique aux freelances en général. Alors, va le consulter si tu cherches différents moyens de faire connaitre ton activité indépendante.
Il existe aussi de multiples plateformes spécialisées qui aident les débutants à démarrer.
Vendre son service sur une plateforme
Ces plateformes sont des places de marché où clients et freelances vont être mis en relation.
Sur certaines, le client y poste son offre, et le freelance le contacte en expliquant pourquoi il est la bonne personne pour ce job. Il consulte le profil du freelance (on en parle un peu plus loin), son portfolio et ses avis. Si le freelance correspond à ses besoins, que ses tarifs sont dans son budget, alors, banco ! C’est le début d’une collaboration professionnelle !
C’est ainsi, notamment, que fonctionnent Malt, Upwork et Codeur.com.
- Le premier point noir : c’est que le porteur de projet (le client) va recevoir des dizaines de devis suite à son annonce. Et, bien souvent, il se basera sur le tarif proposé pour faire son choix entre 2 profils de freelances de même niveau de compétence. Ce qui pousse à une néfaste guerre des prix !
- Deuxième point : il faut être hyper réactif et postuler rapidement lorsqu’un nouveau projet est mis en ligne.
- Troisième point : Envoyer des devis à droite et à gauche, avoir des échanges avec plusieurs clients, puis attendre une réponse favorable de leur part (ou une réponse, tout court) est assez chronophage et anxiogène.
Sur d’autres marketplaces, c’est le freelance qui poste son service et le client, après avoir consulté son profil et son offre, va le contacter. Tu retrouves ce modèle de mise en relations sur ComeUp.com ou Fiverr.
Si tu veux en savoir plus, consulte l’article dans lequel nous expliquons comment devenir vendeur sur ComeUp en cliquant sur ce lien : Lancer son service sur ComeUp. En plus, un petit cadeau t’y attend.🙂
- Le point fort : Le client a eu accès à l’offre du freelance et à sa tarification. Lorsqu’un premier contact a lieu, c’est qu’il y a un certain intérêt qui s’est créé chez le client et que le prix de la prestation n’est pas un frein pour lui.
- Deuxième point : Cette seconde façon de procéder est beaucoup moins anxiogène pour les personnes qui n’aiment ni prospecter ni se confronter directement au client.
La procédure de paiement sur une plateforme
Beaucoup de ces sites utilisent un système de dépôt sécurisé : l’argent du client est bloqué par la plateforme au début du contrat, puis la somme est réglée une fois la mission validée. C’est rassurant quand tu travailles avec des inconnus. Ainsi, tu n’as pas à « courir » après ton client pour te faire payer.
Une fois que tu as choisi ta plateforme, deux choses à faire : créer un bon profil et décrocher tes premiers clients.
Créer un profil freelance efficace
Le profil, c’est un peu ton CV + lettre de motivation + portfolio. Il change selon la plateforme, mais deux éléments sont essentiels : une bonne description de tes compétences et un book solide.
Quand tu t’inscris sur une plateforme, commence par lire son guide de démarrage pour bien en comprendre les codes, puis personnalise ton profil.
Regarde les freelances les plus demandés et compare-les à ceux qui galèrent. Ce travail d’analyse de la concurrence t’aidera à identifier ce que tu dois placer en premier sur ton profil, ta présentation et le détail de tes services.
Liste tes expériences, tes préférences, ce que tu apportes à tes clients.
Ton portfolio va dépendre de ton métier. Par exemple, un graphiste reproduira des maquettes de sites, des logos, des brochures.
Ne montre pas ce que tu ne souhaites plus faire. Si tu cherches des projets variés, diversifie les exemples ; si tu désires te spécialiser, mets en avant seulement ce que tu veux vendre. Ne t’éparpille pas en proposant trop de choses, ajoute une touche de minimalisme dans tes offres de services : ce sera plus clair.
Décrocher ses premiers clients en freelance : les bonnes pratiques
C’est souvent parvenu à cette seconde étape qu’une grosse majorité de freelances débutants va se confronter à des difficultés. Pourquoi ?
Parce que beaucoup d’entre eux se lancent sans avoir défini précisément quelle est leur client cible, sans s’être attardé sur le besoin réel et précis de celui-ci et sans apporter une réponse limpide à ce besoin.
D’ailleurs, par facilité, un travailleur indépendant va souvent se généraliser et s’adresser à tout le monde ! Au final ton message ne « parle » alors à personne…
Les clients recherchent des partenaires en qui ils peuvent avoir confiance. Le meilleur moyen de commencer, c’est de proposer des tarifs de lancement… Et je dirais même une offre gratuite !
Je te vois faire les gros yeux et j’imagine aussi ta mine outrée… c’est souvent l’effet que produit ce type de phrase. La gratuité a une mauvaise connotation parce qu’elle est maladroitement employée.
Quand on l’utilise mal, on donne l’impression de dénigrer son propre travail et que celui-ci n’a pas de valeur. Qu’il n’est pas assez qualitatif pour être payé à son juste prix !
C’est ça qui mène aux abus que certains vont perpétrer : le client prend ce travail gratuit ou à bas prix, il en profite tant qu’il peut le faire. Dès que le freelance annonce un montant ou revient à un tarif plus équitable, le client lui tourne le dos. Et ça, ce n’est pas du tout ce dont je parle ici.
Tu dois garder le contrôle sur ta proposition, qu’elle soit offerte ou à prix réduit.
- C’est momentané. Sur une ligne de temps que TU as décidé.
- C’est TOI qui choisis le client. Il correspond à ta cible et, de préférence, il a déjà une autorité dans son domaine.
- C’est donnant-donnant. Ton client t’apporte un témoignage écrit ou en vidéo en échange de ce travail fourni + ta réalisation te servira d’étude de cas.
- En fait, orner ton portfolio de cette réalisation doit t’apporter autant – voire plus – qu’un investissement publicitaire : il renforce ta notoriété et expose ton savoir-faire.
En définissant un cadre, tu n’es jamais perdant. Et, en plus, ça te permet de t’entraîner et de tester tes procédures de travail sans une grosse pression sur les épaules.
Pourquoi tu ne dois pas quitter ton job actuel (tout de suite)
Grâce à des prix attractifs, tu vas décrocher tes premiers contrats et obtenir de bons avis. Au bout de quelques mois, tu pourras augmenter tes tarifs. Et, enfin, lorsque tu gagnes assez pour en vivre, c’est là que tu passes à temps plein sur ton entreprise. Le freelancing est instable financièrement. Ton chiffre d’affaires (CA) dépend du nombre de projets signés mensuellement. Pour équilibrer tout ça, il te faut des clients réguliers. Donc, quitter son emploi quand on n’a pas encore de revenu, c’est une grosse erreur quand on a des responsabilités.
Comment sécuriser ses revenus
Un rédacteur peut écrire tous les mois pour un blog ou une entreprise et ainsi s’assurer d’un engagement sur du long terme. Cette récurrence est possible pour plusieurs activités. Réfléchis toujours à un pack de services mensuels, comme ça peut être le cas en tant que community manager, podcast manager, gestionnaire de campagnes publicitaires, référenceur web, etc.
C’est quelque chose que tu dois bien étudier, car la sécurité financière c’est ce qui peut te faire défaut lors de ton démarrage. C’est angoissant quand on quitte le salariat.
Bien sûr, un contrat peut s’arrêter pour x raisons, donc ne jamais se contenter d’un ou deux clients ! Mets en place une bonne organisation de travail, utilise des outils de gestion, des procédures. Ainsi jongler entre plusieurs clients ne te fera pas peur.
Quel que soit ton domaine, identifier des sources de revenus qui puissent devenir récurrentes est une des clés de la réussite de ton activité de freelance.
Conclusion : construire une carrière freelance stable et épanouissante
À présent, tu sais ce qu’est le freelancing, quel type de freelance tu peux devenir, et comment t’y prendre. Le freelancing est une carrière à la fois exigeante et enrichissante. Il te faudra de l’initiative, de la détermination, beaucoup d’autodiscipline pour réussir.
Ce ne sera peut-être pas glamour au départ, mais, en commençant petit, il est possible de faire grandir ton activité de façon enthousiasmante avec peu de risques.
Travailler en freelance, c’est être ton propre patron. Tu choisis ton emploi du temps, tes missions… mais tu dois aussi te fixer des règles. Réévalue ton profil régulièrement, mets à jour ton portfolio, et effectue le point sur ta trajectoire. C’est un effort supplémentaire, mais il en vaut largement la peine.